[Courrier des Lectrices] Où V. souhaite quitter une personne toxique

Chère Nathalie,

J’ai souvent été l’objet de personnes toxiques, dont une personne de mon entourage familial. J’étais plus ou moins obligée de subir. Mais aujourd’hui je me rends compte que finalement ce sont des êtres de cette facture qui m’attirent surtout, alors que rien ne m’oblige à subir leurs volontés. Aussi, depuis plusieurs mois j’entretiens une relation très particulière avec une personne qui me quitte, me reprend, m’a littéralement harcelée pour me conquérir de manière presque effrayante.

Et maintenant, après avoir réussi à créé une sorte de dépendance affective, comprenant que je suis très vulnérable à beaucoup d’égards, elle apparaît, disparaît dans ma vie comme ça lui chante, ne se préoccupant que d’elle-même et ses problèmes. Elle est certes très malade, mais moi aussi. De toute façon, ça n’excuse rien.

Je voudrais donc la quitter mais comment faire sans ressentir ce sentiment de culpabilité qu’elle adore me faire ressentir? Elle aime savoir que je l’aime sincèrement uniquement pour se délecter de mépriser cet amour. J’en ai conscience. Mais elle m’a réellement vampirisée à la manière d’une drogue dure qui me tue lentement. J’aimerais donc tes conseils, et merci. 🙂

— V.

Chère V.,

On ne m’enlèvera pas de la tête que les personnes élevées par des individus toxiques sont des proies plus faciles pour d’autres énergumènes du même style tout au long de leur vie.

La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas une fatalité, et qu’à tout moment tu peux prendre la décision de changer de vie et de changer de relations! Attention: je ne dis pas que c’est simple… mais c’est possible!

Déterminer si cette personne est toxique

La situation est claire, et tu l’as dit toi-même: tu sais que cette personne est toxique. Alors certes, le savoir n’est pas toujours suffisant pour avoir le courage de la quitter.

Pourquoi? Parce qu’il y a eu de bons moments (notamment durant la période de séduction au début). Mais aussi parce que la personne toxique passe de victime à bourreau, de personne formidable à personne exécrable, et ce de manière cyclique et inattendue… et du coup, on ne sait plus quoi penser.

Comment cette personne qu’on aime si fort peut-elle être un ange et un démon tour à tour?
Est-il possible que ce soit nous qui soyons en tort? Coupable de leurs réactions? Trop dures?

Il est important de rester objective et de se baser sur des faits plutôt que des ressentis, pour pouvoir prendre la juste décision. C’est pour cela que la prise de notes peut être salvatrice dans ces cas-là: pour ne rien oublier, et faire un inventaire complet et précis de la situation et de ses agissements.

Quand c’est écrit noir sur blanc, plus possible de nier les faits. Ou alors, c’est qu’on se complait dans le déni, et que pour l’instant c’est plus confortable de rester plutôt que de prendre la décision de partir.

La vraie raison qui explique pourquoi on ne part pas

Okay, il peut y avoir plein de raisons matérielles pour lesquelles on ne part pas tout de suite. Et je suis une grande avocate du fait de ne pas partir sur un coup de tête, pour s’éviter plein de soucis légaux (surtout quand on est mariée, ou maman, ou qu’on a des biens en commun… mieux vaut s’assurer qu’on est dans la légalité, avec l’aide d’un conseil juridique).

Mais pour une personne qui n’est pas liée légalement? Quelle est la raison pour laquelle on subit la personne toxique et ses agissements? Quelle est la raison pour laquelle on ne l’envoie pas balader dès qu’on sent qu’elle est toxique?

Je vais peut-être m’avancer un peu (non), mais mon expérience me donne certaines certitudes. Généralement, quand on subit toutes ces horreurs, qu’on veut partir mais qu’on n’y arrive pas… c’est qu’on a un manque flagrant dans trois compétences:

  • l’amour-propre,
  • l’estime de soi,
  • la confiance en soi.

Les personnes toxiques se ruent sur les personnes qui se sacrifient, qui se font passer en dernier, qui ne sont pas persuadées de leur valeur… parce que ce sont des proies faciles.

Manipulation et culpabilisation

Tu n’es pas responsable du bonheur ou du malheur des autres. Tu ne peux pas (et ne dois pas essayer de) gérer leurs ressentis… et surtout quand c’est des personnes toxiques, qui profitent de ton empathie surdéveloppée pour te culpabiliser afin de mieux te manipuler.

Ça suffit de faire passer les autres avant toi! Et en particulier cette personne sadique qui aime jouer sur tes sentiments, souffler le chaud et le froid, afin de te rabaisser et de te faire souffrir.

Les personnes toxiques sont incapables d’amour, et ne vivent que pour contrôler les autres. Cette personne revient vers toi parce qu’elle sait qu’à chaque fois elle obtiendra une source narcissique de ta part. Il faut commencer à pratiquer la technique du caillou gris!

Surtout dans ton état, bichette!
Tu es malade. Ta santé et ton bien-être passent avant tout.

Les personnes toxiques se ruent sur les personnes qui se sacrifient, qui se font passer en dernier, qui ne sont pas persuadées de leur valeur… parce que ce sont des proies faciles.

Mais… pour aller plus loin… c’est quoi la solution?

Se trouver formidable…
Digne d’amour…
Savoir qu’on ne mérite que le meilleur…
Exiger le respect…
Être persuadée que vivre seule est mieux que de vivre mal accompagnée…

Tout ça, c’est un travail de tous les jours.

Tous les jours, tu dois te rappeler que tu es la personne la plus importante de ta vie, que tu ne dois pas vivre dans le sacrifice, que tout ce qui n’est pas à ton service n’a pas de place dans ton quotidien.

Tous les jours, tu dois te dire que pour être respectée il faut déjà savoir se respecter soi-même, et apprendre à poser des limites saines.

Tous les jours, tu dois être persuadée que tu mérites mieux, que tu vas avoir mieux, et te le prouver en mettant un point final à toute relation qui t’apporte de la peine sciemment.

V., ma Reine 👑 … Tu peux le faire!
Il te suffit de le décider.
Et d’y mettre tout ton coeur. ❤️

Quand on a une relation saine avec soi-même, on exige des relations saines de la part des autres. C’est peut-être quelque chose qui te semble insurmontable maintenant, mais promis, tu vas voir… À un moment donné, ça devient une seconde nature. 😊

[Vlog] Ta reconstruction

[ACTION] Ta reconstruction

Tout est lié: t’échapper des griffes de la personne toxique, ne plus jamais être sous l’emprise de qui que ce soit, se reconstruire, se respecter, s’aimer…

J’étais résignée à vivre une vie de merde avec les personnes toxiques dans ma vie. J’en étais arrivée à un point où je ne cherchais même plus le bonheur—je voulais juste qu’on arrête de me critiquer et me rabaisser. Mais même ça ce n’était pas possible.

Aujourd’hui, ma reconstruction est bien entamée et en bon chemin. Elle n’est pas aussi rapide que je le souhaiterais, bien sûr, parce qu’il faut que je combatte une quarantaine d’années d’éducation et de conditionnement, mais les bases que je construis sont saines et solides.

Plus je prends soin de moi et j’embellis ma vie, plus c’est facile et mieux je me porte. Je prends de bonnes habitudes, ça devient naturel pour moi de n’accepter que le meilleur. Parce que je ne mérite—et je ne tolèrerai—pas moins.

Et toi?

Où en es-tu de ta reconstruction?
Sur quoi travailles-tu en ce moment?
Quelles sont tes priorités?
Quelle est ta prochaine étape?

[Thème] Se reconstruire après une relation toxique

Après mes relations toxiques, paradoxalement, ma vie s’est arrêtée un peu malgré la liberté retrouvée. C’est normal de prendre son temps—il m’a fallu analyser, comprendre, apprendre. Il m’a fallu apprendre à vivre avec mon stress post-traumatique.

Je me réveillais la nuit en sursaut, le coeur battant la chamade… et je ne me rendormais pas avant l’heure où il fallait que je me lève. J’avais des gestes de recul quand on voulait être tendre avec moi. Je fermais toutes les portes, systématiquement, pour éviter que qui que ce soit ne se rapproche de moi, ou s’imagine pouvoir entamer une relation avec moi. Par la suite, j’ai frôlé plusieurs fois la crise de panique à l’idée de partir en week-end ou de passer la soirée avec un amoureux.

Je filais entre les doigts des gens qui m’aiment, parce que j’avais fait une priorité du fait de me protéger. Je m’étais bien jurée que ça ne m’arriverait plus, cette fois-ci.

Personne n’est à l’abri des personnes toxiques. Ces personnes sont douées pour le paraître, sont capables de tenir des mois voire des années avant de montrer leur vrai visage. C’est normal d’avoir envie de se protéger, de monter les boucliers, d’ériger des barricades entre le monde extérieur et soi-même.

C’est normal de faire attention. Mais si la vigilance est une bonne chose, se refuser de vivre ne l’est pas.

Si tu choisis de vivre en ermite, de te couper de l’avenir radieux auquel tu as droit, la personne toxique a gagné. Elle t’a détruite. Elle continue à te manipuler, à vivre dans ta tête, et elle le fera jusqu’à la fin de ta vie… ou jusqu’à ce que tu décides que tu en as marre, et que tu choisisses de vivre.

La première chose à faire pour me reconstruire, c’était faire le tri parmi mes ami·e·s et contacts. Il fallait que je limite la transmission d’informations vers la personne toxique, source potentielle de critiques et attaques.

Mais ce n’était pas la seule raison. Je voulais garder autour de moi uniquement les personnes qui me soutenaient à 100%, qui ne remettaient pas en doute ma parole, et qui m’aidaient à me souvenir de qui je suis—pas une chose, mais une belle personne, avec du talent et du potentiel.

Il faut mille et une expériences positives pour contrer mille expériences négatives. Je peux vous dire qu’il m’en faut, de l’amour, pour me remettre de mes relations toxiques! PLEIN! 🤪

Pour devenir moins naïve, il fallait que j’apprenne enfin à faire confiance à mes tripes. Ça voulait dire faire la part belle à mon intuition, ne plus me laisser influencer par autrui, et me réapproprier mon histoire. Ça voulait dire voir les critiques que j’avais reçues sous le prisme de la projection.

La personne qui a des vrais problèmes, ce n’est pas moi, c’est la personne toxique. Et ellui renvoyait sur moi ses agissements, ses failles, ses erreurs. C’est paradoxal: les personnes toxiques sont les personnes avec des problèmes psychologiques, seulement ce sont leurs victimes qui finissent toujours par avoir besoin d’aller voir un psy.

J’ai aussi dû apprendre à mettre des remparts en place entre la personne toxique et moi-même en utilisant la technique du caillou gris.

Comment s’en sortir, alors?

À la base de ta reconstruction, en plus de tes besoins naturels (logement, nourriture, etc.), il y a des priorités. Parmi ces priorités, il y a celles auxquelles il faut apporter la majorité de ton temps:

Tu as le droit de commencer petit—mais il faut que tu commences. C’est essentiel. De ces trois priorités découlent ton bonheur futur et ta sérénité retrouvée. Sinon, tu cours le risque de retomber entre les griffes des personnes toxiques—celle que tu as fuie, ou bien d’autres qui se présenteront sur ton chemin.

Tu as le pouvoir sur ta vie. Saisis-le!

[Vlog] S’aimer inconditionnellement

[ENGAGEMENT] S’aimer inconditionnellement

Depuis ta naissance jusqu’à ta mort, la seule personne que tu vas côtoyer sans arrêt, c’est toi. Ça serait bien que tu commences à t’aimer totalement et sans conditions, non?

Quelle horreur, de dire aux personnes dépressives que personne ne pourra les aimer tant qu’elles ne s’aimeront pas elles-même! C’est abject, et c’est faux.

Les gens t’aiment, indépendamment de tes sentiments personnels envers toi.

Heureusement que je me suis sentie aimée par d’autres personnes à mes moments les plus bas. Heureusement que je ne me suis pas retrouvée seule face à mes problèmes. Heureusement que l’amitié et l’amour des gens qui tiennent à moi n’était pas dépendante de mon estime de moi-même… sinon, je ne serais sans doute pas là où j’en suis aujourd’hui.

Prends exemple sur les gens qui t’aiment et donne-toi le respect que tu mérites. Fais-toi passer en premier, n’accepte pas les critiques acides des personnes toxiques qui veulent que tu t’écrases et deviennes leurs proie-objet.

C’est toi la Reine, après tout: personne n’est plus important que toi! Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de personnes importantes dans ta vie, bien évidemment, mais ça veut dire que quoi qu’il arrive, tu es celle qui porte la responsabilité de prendre soin de toi avant tout.

Tu peux le faire, j’ai confiance! 👑

Et toi?

Arrives-tu à t’aimer inconditionnellement?
Si non, que te dis-tu? Que te manque-t-il pour y arriver enfin?

[Thème] S’aimer inconditionnellement

Construire une vie centrée sur soi, c’est merveilleux. Ça permet de retrouver tous ces petits bouts de vie qu’on a mis de côté depuis trop longtemps. Mais ce n’est pas suffisant… Il n’y a pas de vie pleinement heureuse et sereine sans amour de soi inconditionnel. Et si tu es comme moi, c’est difficile. J’ai grandi dans les brimades et le harcèlement, dans le rejet de ma différence, et j’ai appris très jeune à me trouver nulle, laide, inintéressante.

Ce n’est pas étonnant que je sois la proie idéale pour les personnes toxiques, qui se délectent de pouvoir prendre l’ascendant sur moi, et de trouver quelqu’un rabaissable à merci—quelqu’un qui ne l’ouvrira pas, parce qu’elle a une estime d’elle-même en dessous des pâquerettes.

Mais ça, c’était avant.

J’ai touché le fond. J’étais empêtrée dans les boues de la mare de critiques, de reproches, d’insultes parfois, que la personne toxique me déversait sur la tête. J’étouffais. Je manquais tellement de respect—et je ne parle même pas d’amour!—que la seule solution viable était de donner un grand coup de pied et remonter à la surface.

L’injustice de la situation était telle que cela m’a poussée à l’action. Moi aussi j’étais importante. Moi aussi j’étais digne d’être aimée. Moi aussi j’avais le droit au respect. J’ai toujours fait de mon mieux. J’ai toujours fait pour les autres ce que j’aurais voulu que les autres fassent pour moi—les comprendre, les soutenir, les aimer.

J’avais juste oublié d’aimer celle qui en avait le plus besoin: moi-même.

Si je m’étais aimée inconditionnellement, j’aurais tout de suite réagi. J’aurais su que la situation que je vivais était anormale. Je n’aurais pas hésité et j’aurais agi en me disant que je méritais bien mieux.

Si je m’étais aimée inconditionnellement, j’aurais été plus douce envers moi-même, au lieu de vouloir faire les choses parfaitement pour ne pas être rejetée. Même lorsque je les faisais parfaitement, de toute manière, il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas tout de même. Les joies de la vie avec une personne toxique.

Si je m’étais aimée inconditionnellement, j’aurais posé mes limites bien plus souvent, avec calme, avec détermination. J’aurais été une proie moins facile, et j’aurais peut-être pu éviter certaines personnes toxiques dans ma vie.

Cette différence si présente en moi, je n’ai plus peur du rejet qu’elle peut amener. Les personnes qui en sont dérangées ne sont pas de celles que je souhaite avoir parmi mes proches—je suis au contraire bien ravie de cette sélection naturelle, qui m’évite de souffrir de leurs esprits étriqués.

Ma différence est ma richesse. Ma différence est intellectuelle, émotionnelle, physique, morale. Ma différence me permet d’attirer des personnes toutes aussi riches de créativité, d’émotions, de bonnes intentions, d’humanité.

Aimer ma différence, c’est m’autoriser moi-même à embellir ma vie.

Aujourd’hui, je m’aime et je m’accepte pleinement. Suis-je parfaite? Non. Et certainement pas aux yeux de tout le monde. Mais je suis devenue exceptionnelle à mes yeux. Je reconnais mes forces, je me donne de l’amour en pansement sur mes faiblesses.

S’il y a des aspects de moi que je n’aime plus ou qui ne me font plus profit, je les change sans attendre—que le changement de fasse rapidement ou progressivement, je reste toujours dans l’action.

Mais je reconnais aussi toutes les parties de moi qui brillent, maintenant que je ne m’efface plus pour que les autres brillent plus en comparaison. Je les mets en avant. Je m’en sers comme tremplin pour vivre une vie heureuse et sereine.

Les critiques malveillantes ne m’atteignent plus.

Je m’aime.

[Vlog] 5 bonnes raisons de se centrer sur soi

[RÉFLEXION] 5 bonnes raisons de se centrer sur soi

« On a tous deux vies. La seconde commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une. »

De l’importance de ne pas se sacrifier pour les autres, et surtout pour les personnes toxiques qui en abusent.

Le pas qui coûte le plus, c’est le premier.

Parce qu’il faut passer outre les fausses impressions d’être égoïste. Parce que les personnes toxiques luttent activement, car elles sentent qu’elles perdent leur emprise sur nous.

On tremblote un peu, prête à rebrousser chemin si ça devient trop difficile.

Mais ce premier pas, il a le goût de la liberté.
Il a le toucher velouté de l’accomplissement.
Il a la bonne odeur du potentiel—notre potentiel—qui va se réaliser.

Alors on tâtonne s’il le faut, mais on fait un deuxième pas, puis un troisième.

Avant même de s’en rendre compte, on est en train de courir, de filer comme le vent, sur le chemin du développement personnel.

Le chemin de la sérénité retrouvée.
Le chemin de l’amour propre.
Le chemin vers une vie heureuse.

Viens, prends ma main, on va faire le premier pas ensemble. 👭

Et toi?

As-tu une vilaine tendance à te trouver égoïste de vouloir exister en dehors du sacrifice envers les autres? Est-ce que tu te traites comme la personne la plus importante de ta vie, ou est-ce que tu te fais toujours passer en dernier?

[Thème] Construire une vie centrée sur soi

Prendre soin des autres, c’est dans mon tempérament—peut-être est-ce dans le tien aussi.

J’aime que les gens que j’aime soient bien, qu’ils soient heureux, sereins, qu’ils se sentent chouchoutés. Dans une relation saine, c’est un avantage. Tu peux parfaitement t’épanouir dans une relation domestique, aimante.

Dans une relation toxique, ce beau trait—cet amour, cette patience, cette envie de choyer les autres et de leur simplifier la vie—devient une arme que l’autre utilise contre toi.

De personne unique, j’étais devenue un objet en proie à l’emprise de la personne toxique. Pratique, parce que je m’occupais de tout et de tout le monde. Mais il ne fallait pas que j’existe, car un objet n’a pas d’autre droit que de remplir sa fonction. Mais il ne fallait pas que je faille, parce que sinon je devais subir les énervements et critiques déshumanisantes de la part de la personne toxique.

À m’efforcer de tout faire parfaitement, de m’oublier pour que les autres vivent bien, j’ai toléré de devenir peu à peu cet objet qu’on pouvait rabaisser, écraser, abuser. La personne toxique a appuyé sur tous mes boutons: ma mauvaise estime de moi, mon manque de confiance en moi, ma tendance à l’abnégation.

J’avais l’impression qu’un jour, après tous mes sacrifices, mon tour viendrait. Que moi aussi, je pourrais vivre bien, réaliser mes rêves. Que les autres finiraient par prendre le relai pour que moi aussi je puisse exister.

Un jour, ça m’a frappée de plein fouet, en lisant cette citation: « On a tous deux vies—la seconde commence quand on se rend compte qu’on n’en a qu’une ». J’étais en train de me sacrifier. Mon tour ne viendrait jamais. La situation ne s’améliorerait pas.

Il fallait que je me sauve moi-même, en changeant, en partant… en trouvant l’équilibre entre être moi-même et être exploitée sans merci comme une chose.

Je le sais aujourd’hui: une relation saine est une relation d’échange, d’égalité. Est-ce que ma mauvaise estime et mon manque de confiance en moi ont disparu? Non, évidemment pas, mais j’arrive à leur dire de me laisser tranquille. J’ai envoyé paître ma tendance à me sacrifier pour les autres, même si elle pointe parfois encore le bout de son vilain nez.

Dans une relation saine, on prend soin de l’autre, et l’autre prend soin de nous. Iel s’assure que nous sommes bien, que nous nous sentons aimée, appréciée, choyée, et que nous vivons une vie qui nous plait, et pas juste une vie de servitude.

Aujourd’hui, ma vie est centrée sur moi. Cela ne m’empêche pas de prendre soin des autres—au contraire. Cela me donne plus d’énergie pour le faire. Je le fais par envie, et non plus par un sens du devoir déséquilibré où je m’oublie pour les autres.

Ce n’est plus un droit, c’est un devoir envers moi-même. Je me dois de me lancer, de me centrer sur moi. J’ai une place à prendre dans l’Univers: celle qui est pile poil à la forme de mes aspirations, quelles qu’elles soient. Et je ne l’oublierai plus.

[Vlog] Fais confiance à tes tripes!

[MÉTAMORPHOSE] Fais confiance à tes tripes!

Tes tripes sont un détecteur naturel te permettant de savoir si une situation est anormale. Tu peux t’en servir pour jauger les situations.

Plus tu te fais confiance, plus tu te respectes, et moins tu es une victime idéale pour les personnes toxiques!

Est-ce que moi j’aurais traité une autre personne comme la personne toxique me traitait?
Non, évidemment pas.

Nous étions aux deux opposés du spectre: moi, préoccupée du bonheur des autres au-dessus du mien, et ellui préoccupé de sa petite personne et de son ascendant sur les autres.

Je n’ai pas écouté mes tripes, parce que mon éducation—ancrée dans le sacrifice de soi, l’abnégation et le patriarcat—m’a fait des croches-pied répétés.

Aujourd’hui, je suis à l’écoute pleine et entière de mes tripes. Certain·e·s disent, trop, même. J’ai placé le curseur de ma tolérance au bullshit au plus bas.

Cela me fait peut-être m’éloigner de personnes qui, elles, ne sont pas toxiques, mais cela me fait cultiver au passage des relations avec de belles personnes—avec qui je me sens en sécurité, et avec qui je peux être moi.

Et toi?

Qu’as-tu appris de ta relation toxique? Fais-tu plus confiance à tes tripes? Te le reproche-t-on, parfois?

[Vlog] La projection

[PERSPICACITÉ] La projection

La projection est un outil efficace pour savoir à quoi t’en tenir avec la personne toxique dans ta vie.

Ma vie avec cette personne toxique a été une suite sans fin de critiques et de reproches, que maintenant je comprends comme de la projection. Ces actes me semblaient déjà cruels à l’époque, mais je m’étais résignée à être incomprise—je pensais que ce n’était que de l’incompréhension de sa part, j’étais naïve, n’est-ce pas?

Alors je redoublais d’efforts, dans l’espoir d’arriver enfin à la satisfaire.

Je faisais encore plus d’efforts pour tout gérer de front, du matin au soir, pendant qu’elle avait un travail qu’elle aimait et ne faisait plus rien en dehors. Le ménage, la cuisine, l’éducation des enfants, la construction d’une maison, les factures et autres milliers de dossiers à remplir quand on a des enfants handicapés, l’école, les devoirs, tout sans presque sans sommeil parce que les enfants ne dormaient quasiment pas la nuit, et que je devais me lever pour les remettre au lit pour ne pas qu’ils l’empêchent de dormir. À côté de ça, je gérais aussi une communauté, et je travaillais comme consultante. J’écrivais des livres.

Quand j’y repense, je ne sais pas comment j’ai pu tolérer qu’elle me dise que j’étais une fainéante.

Elle me reprochait l’état de l’appartement, sans réaliser que je passais mes journées avec mes fils à m’assurer qu’ils apprenaient, qu’ils ne se mettaient pas en danger. Alors que jusque là, elle avait vécu dans un appartement dégoûtant où la vieille vaisselle dégoulinait de l’évier pendant des semaines, où la salle de bains était dégoûtante de crasse, et où régnaient les cafards—qui venaient selon cette personne de chez les voisins, mais pas du tout des cartons à pizza entassés dans un coin et des cadavres de bière qu’il fallait éviter pour aller jusqu’au canapé.

Si j’avais le malheur de boire un apéro le soir—et ceux qui me connaissent savent les doses ridiculement basses d’alcool que je consomme—elle me mettait bien en garde de ne pas devenir alcoolique. Elle, qui buvait sans raison tous les soirs et finissait par s’endormir comme une masse sur le canapé, elle qui allait vomir ses tripes aux toilettes, en en mettant partout—et en me laissant aller nettoyer derrière elle.

Finalement, les personnes toxiques savent parfaitement où taper pour que cela fasse mal.

Et la seule manière de s’en protéger, c’est de s’aimer soi-même et savoir ce que l’on vaut.

Aujourd’hui, cette personne peut bien dire à qui veut l’entendre que je suis une fainéante, une mauvaise mère, que je suis une souillon… mon estime de moi-même ne dépend plus d’elle ni de qui que ce soit d’autre.

Je suis moi, parfaite dans ma Nathalitude.

Et ceux qui ne sont pas contents, je les merde.

Et toi?

Quelles sont les projections dont tu as été témoin? Quelles sont les choses absurdes qui t’ont été reprochées, et que tu soupçonnes la personne toxique de faire? Quelles sont les horreurs que tu as découvertes, dont rétrospectivement tu te souviens d’avoir été accusée?

[Vlog] La technique du caillou gris

[STRATÉGIE] La technique du caillou gris

Quand tu n’as pas la possibilité de couper totalement le contact, que faire? Il existe une technique infaillible: la technique du caillou gris!

Ces derniers temps, j’ai baissé ma garde avec la personne toxique. J’étais fatiguée, et j’ai oublié d’écouter mes propres conseils. J’ai pris des engagements, et j’ai communiqué par téléphone, les deux choses que je dois éviter à tout prix!

Dans une vie normale, avec des interlocuteurs normaux, on ne serait pas obligé d’être constamment sur ses gardes pour éviter un problème. Mais avec la personne toxique, cela fait partie des règles du jeu—pas d’interaction qui ne soit pas une prise de contrôle ou une tentative de manipulation… à moins que cela ne soit pour « endormir » nos craintes et nous faire prendre de mauvaises décisions.

« Tiens, c’est calme en ce moment, [la personne toxique] s’est peut-être calmé·e? »
Ceci n’est jamais vrai.

Cela ne sert à rien de s’en vouloir. Il y a des moments dans la vie où on fait des erreurs, et ce n’est pas grave. On peut toujours rattraper.

Dans mon cas, il a suffit de me rappeler les gardes-fou que j’ai mis en place:

  • pas de communication au téléphone ou en face à face,
  • pas d’engagements sans réflexion préalable,
  • pas de compte-rendu sur mes activités.

Et surtout, me souvenir pourquoi je les ai instaurés en premier lieu.

Parce que cette personne n’est pas capable d’avoir des interactions saines. Parce qu’elle est dans un cycle de manipulation constant. Parce que je dois utiliser la technique du caillou gris pour me protéger de ses agissements.

Je suis comme le vent, insaisissable.

À toi de partager!

Quelles sont les protections que tu as mis en place pour te protéger de la personne toxique dans ta vie? Penses-tu y être arrivée, ou as-tu besoin d’y travailler encore?

[Vlog] Qui sont tes vrai·e·s ami·e·s?

[RÉFLEXION] Qui sont tes vrai·e·s ami·e·s?

Les personnes qui préfèrent ne pas choisir de camp entre toi et la personne toxique sont par la force des choses du côté de l’auteur·e des maltraitances, car iels décident de ne pas faire cas des agissements de cette personne.

Fais confiance à tes tripes et fais du ménage dans ta vie.

Soit tes ami·e·s sont à 1000% de ton côté, soit iels dégagent!

Lorsque je me suis éloignée des personnes toxiques dans ma vie, il a fallu faire des choix parmi les personnes avec qui j’allais rester en contact. Les ami·e·s en commun, les personnes de la famille proche ou éloignée, les contacts professionnels…

Pour certaines, c’était facile: ce n’étaient pas mes ami·e·s, et je n’avais pas à chercher à garder le contact.

Pour d’autres, c’était un peu un fends-le-coeur. C’étaient des personnes que j’appréciais, mais qui n’allaient pas prendre parti. Les garder parmi mes contacts aurait signifié risquer que des informations personnelles soient divulguées, volontairement ou non, à la personne toxique.

J’ai choisi de ne garder contact qu’avec les personnes qui connaissaient la situation et qui prenaient clairement parti pour moi. Des personnes qui mettaient sans hésitation le mot toxique sur cette relation. Des personnes dont le discours était sans ambiguïté.

Je ne blâme pas ces contacts en commun. Je sais que c’est difficile de prendre parti quand on n’a aucune idée de ce qui se passe derrière les portes fermées. Je sais qu’en ne prenant pas parti, elles pensent être justes. Je sais aussi que d’autres n’en pensent pas moins mais ne disent rien pour ne pas devenir la prochaine cible de la personne toxique.

J’aimais beaucoup ces personnes, mais je ne pouvais pas risquer de mettre en péril ma sérénité retrouvée… et s’il fallait prendre cette décision de couper les ponts à nouveau, je le referais sans hésitation.

Et toi?

As-tu coupé les ponts avec les contacts que tu as en commun avec la personne toxique dans ta vie? Quelles sont les difficultés que tu rencontres à ce sujet?