[PERSPICACITÉ] La projection

La projection est un outil efficace pour savoir à quoi t’en tenir avec la personne toxique dans ta vie.

Ma vie avec cette personne toxique a été une suite sans fin de critiques et de reproches, que maintenant je comprends comme de la projection. Ces actes me semblaient déjà cruels à l’époque, mais je m’étais résignée à être incomprise—je pensais que ce n’était que de l’incompréhension de sa part, j’étais naïve, n’est-ce pas?

Alors je redoublais d’efforts, dans l’espoir d’arriver enfin à la satisfaire.

Je faisais encore plus d’efforts pour tout gérer de front, du matin au soir, pendant qu’elle avait un travail qu’elle aimait et ne faisait plus rien en dehors. Le ménage, la cuisine, l’éducation des enfants, la construction d’une maison, les factures et autres milliers de dossiers à remplir quand on a des enfants handicapés, l’école, les devoirs, tout sans presque sans sommeil parce que les enfants ne dormaient quasiment pas la nuit, et que je devais me lever pour les remettre au lit pour ne pas qu’ils l’empêchent de dormir. À côté de ça, je gérais aussi une communauté, et je travaillais comme consultante. J’écrivais des livres.

Quand j’y repense, je ne sais pas comment j’ai pu tolérer qu’elle me dise que j’étais une fainéante.

Elle me reprochait l’état de l’appartement, sans réaliser que je passais mes journées avec mes fils à m’assurer qu’ils apprenaient, qu’ils ne se mettaient pas en danger. Alors que jusque là, elle avait vécu dans un appartement dégoûtant où la vieille vaisselle dégoulinait de l’évier pendant des semaines, où la salle de bains était dégoûtante de crasse, et où régnaient les cafards—qui venaient selon cette personne de chez les voisins, mais pas du tout des cartons à pizza entassés dans un coin et des cadavres de bière qu’il fallait éviter pour aller jusqu’au canapé.

Si j’avais le malheur de boire un apéro le soir—et ceux qui me connaissent savent les doses ridiculement basses d’alcool que je consomme—elle me mettait bien en garde de ne pas devenir alcoolique. Elle, qui buvait sans raison tous les soirs et finissait par s’endormir comme une masse sur le canapé, elle qui allait vomir ses tripes aux toilettes, en en mettant partout—et en me laissant aller nettoyer derrière elle.

Finalement, les personnes toxiques savent parfaitement où taper pour que cela fasse mal.

Et la seule manière de s’en protéger, c’est de s’aimer soi-même et savoir ce que l’on vaut.

Aujourd’hui, cette personne peut bien dire à qui veut l’entendre que je suis une fainéante, une mauvaise mère, que je suis une souillon… mon estime de moi-même ne dépend plus d’elle ni de qui que ce soit d’autre.

Je suis moi, parfaite dans ma Nathalitude.

Et ceux qui ne sont pas contents, je les merde.

Et toi?

Quelles sont les projections dont tu as été témoin? Quelles sont les choses absurdes qui t’ont été reprochées, et que tu soupçonnes la personne toxique de faire? Quelles sont les horreurs que tu as découvertes, dont rétrospectivement tu te souviens d’avoir été accusée?