Après mes relations toxiques, paradoxalement, ma vie s’est arrêtée un peu malgré la liberté retrouvée. C’est normal de prendre son temps—il m’a fallu analyser, comprendre, apprendre. Il m’a fallu apprendre à vivre avec mon stress post-traumatique.

Je me réveillais la nuit en sursaut, le coeur battant la chamade… et je ne me rendormais pas avant l’heure où il fallait que je me lève. J’avais des gestes de recul quand on voulait être tendre avec moi. Je fermais toutes les portes, systématiquement, pour éviter que qui que ce soit ne se rapproche de moi, ou s’imagine pouvoir entamer une relation avec moi. Par la suite, j’ai frôlé plusieurs fois la crise de panique à l’idée de partir en week-end ou de passer la soirée avec un amoureux.

Je filais entre les doigts des gens qui m’aiment, parce que j’avais fait une priorité du fait de me protéger. Je m’étais bien jurée que ça ne m’arriverait plus, cette fois-ci.

Personne n’est à l’abri des personnes toxiques. Ces personnes sont douées pour le paraître, sont capables de tenir des mois voire des années avant de montrer leur vrai visage. C’est normal d’avoir envie de se protéger, de monter les boucliers, d’ériger des barricades entre le monde extérieur et soi-même.

C’est normal de faire attention. Mais si la vigilance est une bonne chose, se refuser de vivre ne l’est pas.

Si tu choisis de vivre en ermite, de te couper de l’avenir radieux auquel tu as droit, la personne toxique a gagné. Elle t’a détruite. Elle continue à te manipuler, à vivre dans ta tête, et elle le fera jusqu’à la fin de ta vie… ou jusqu’à ce que tu décides que tu en as marre, et que tu choisisses de vivre.

La première chose à faire pour me reconstruire, c’était faire le tri parmi mes ami·e·s et contacts. Il fallait que je limite la transmission d’informations vers la personne toxique, source potentielle de critiques et attaques.

Mais ce n’était pas la seule raison. Je voulais garder autour de moi uniquement les personnes qui me soutenaient à 100%, qui ne remettaient pas en doute ma parole, et qui m’aidaient à me souvenir de qui je suis—pas une chose, mais une belle personne, avec du talent et du potentiel.

Il faut mille et une expériences positives pour contrer mille expériences négatives. Je peux vous dire qu’il m’en faut, de l’amour, pour me remettre de mes relations toxiques! PLEIN! 🤪

Pour devenir moins naïve, il fallait que j’apprenne enfin à faire confiance à mes tripes. Ça voulait dire faire la part belle à mon intuition, ne plus me laisser influencer par autrui, et me réapproprier mon histoire. Ça voulait dire voir les critiques que j’avais reçues sous le prisme de la projection.

La personne qui a des vrais problèmes, ce n’est pas moi, c’est la personne toxique. Et ellui renvoyait sur moi ses agissements, ses failles, ses erreurs. C’est paradoxal: les personnes toxiques sont les personnes avec des problèmes psychologiques, seulement ce sont leurs victimes qui finissent toujours par avoir besoin d’aller voir un psy.

J’ai aussi dû apprendre à mettre des remparts en place entre la personne toxique et moi-même en utilisant la technique du caillou gris.

Comment s’en sortir, alors?

À la base de ta reconstruction, en plus de tes besoins naturels (logement, nourriture, etc.), il y a des priorités. Parmi ces priorités, il y a celles auxquelles il faut apporter la majorité de ton temps:

Tu as le droit de commencer petit—mais il faut que tu commences. C’est essentiel. De ces trois priorités découlent ton bonheur futur et ta sérénité retrouvée. Sinon, tu cours le risque de retomber entre les griffes des personnes toxiques—celle que tu as fuie, ou bien d’autres qui se présenteront sur ton chemin.

Tu as le pouvoir sur ta vie. Saisis-le!