Construire une vie centrée sur soi, c’est merveilleux. Ça permet de retrouver tous ces petits bouts de vie qu’on a mis de côté depuis trop longtemps. Mais ce n’est pas suffisant… Il n’y a pas de vie pleinement heureuse et sereine sans amour de soi inconditionnel. Et si tu es comme moi, c’est difficile. J’ai grandi dans les brimades et le harcèlement, dans le rejet de ma différence, et j’ai appris très jeune à me trouver nulle, laide, inintéressante.

Ce n’est pas étonnant que je sois la proie idéale pour les personnes toxiques, qui se délectent de pouvoir prendre l’ascendant sur moi, et de trouver quelqu’un rabaissable à merci—quelqu’un qui ne l’ouvrira pas, parce qu’elle a une estime d’elle-même en dessous des pâquerettes.

Mais ça, c’était avant.

J’ai touché le fond. J’étais empêtrée dans les boues de la mare de critiques, de reproches, d’insultes parfois, que la personne toxique me déversait sur la tête. J’étouffais. Je manquais tellement de respect—et je ne parle même pas d’amour!—que la seule solution viable était de donner un grand coup de pied et remonter à la surface.

L’injustice de la situation était telle que cela m’a poussée à l’action. Moi aussi j’étais importante. Moi aussi j’étais digne d’être aimée. Moi aussi j’avais le droit au respect. J’ai toujours fait de mon mieux. J’ai toujours fait pour les autres ce que j’aurais voulu que les autres fassent pour moi—les comprendre, les soutenir, les aimer.

J’avais juste oublié d’aimer celle qui en avait le plus besoin: moi-même.

Si je m’étais aimée inconditionnellement, j’aurais tout de suite réagi. J’aurais su que la situation que je vivais était anormale. Je n’aurais pas hésité et j’aurais agi en me disant que je méritais bien mieux.

Si je m’étais aimée inconditionnellement, j’aurais été plus douce envers moi-même, au lieu de vouloir faire les choses parfaitement pour ne pas être rejetée. Même lorsque je les faisais parfaitement, de toute manière, il y avait toujours quelque chose qui n’allait pas tout de même. Les joies de la vie avec une personne toxique.

Si je m’étais aimée inconditionnellement, j’aurais posé mes limites bien plus souvent, avec calme, avec détermination. J’aurais été une proie moins facile, et j’aurais peut-être pu éviter certaines personnes toxiques dans ma vie.

Cette différence si présente en moi, je n’ai plus peur du rejet qu’elle peut amener. Les personnes qui en sont dérangées ne sont pas de celles que je souhaite avoir parmi mes proches—je suis au contraire bien ravie de cette sélection naturelle, qui m’évite de souffrir de leurs esprits étriqués.

Ma différence est ma richesse. Ma différence est intellectuelle, émotionnelle, physique, morale. Ma différence me permet d’attirer des personnes toutes aussi riches de créativité, d’émotions, de bonnes intentions, d’humanité.

Aimer ma différence, c’est m’autoriser moi-même à embellir ma vie.

Aujourd’hui, je m’aime et je m’accepte pleinement. Suis-je parfaite? Non. Et certainement pas aux yeux de tout le monde. Mais je suis devenue exceptionnelle à mes yeux. Je reconnais mes forces, je me donne de l’amour en pansement sur mes faiblesses.

S’il y a des aspects de moi que je n’aime plus ou qui ne me font plus profit, je les change sans attendre—que le changement de fasse rapidement ou progressivement, je reste toujours dans l’action.

Mais je reconnais aussi toutes les parties de moi qui brillent, maintenant que je ne m’efface plus pour que les autres brillent plus en comparaison. Je les mets en avant. Je m’en sers comme tremplin pour vivre une vie heureuse et sereine.

Les critiques malveillantes ne m’atteignent plus.

Je m’aime.